Ce soir, j’ouvre pour Charlie Winston

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04 AVRIL 2026 — Le Podium, Les Pieux

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Il y a des soirs qu’on attend sans trop se l’avouer, de peur de les faire fuir. Celui-là, ça faisait presque un an qu’il mijotait doucement avec Baptiste du Circuit. Plusieurs pistes avaient failli aboutir et puis, l’automne dernier, le nom de Charlie Winston est apparu. J’ai évidemment accepté, mon sourire devait se deviner à l’autre bout du fil. Les places se sont vendues en une journée. Un petit frisson… et puis une jolie liste de choses à préparer.

Charlie Winston. Pour moi, c’est d’abord une chanson qui passait en boucle à la radio quand j’étais au lycée. Like a Hobo. Vingt ans entre ce souvenir et ce soir d’avril. Et puis il y a autre chose : Charlie est signé chez Tôt ou Tard. C’est le label que je rêve de rejoindre depuis les débuts de MUNE. La soirée parfaite, ça serait qu’il n’y ait aucun problème technique et que la salle reste avec moi tout le long de mon set de quarante minutes. La cerise sur le gâteau ? Que mon univers arrive aux oreilles de ce label.

Sauf que des obstacles ont commencé à surgir tranquillement…

Salle du Podium Les Pieux lors du concert de MUNE et Charlie Winston
MUNE sur scène avec son Prophet et Moog, concert au Podium avril 2026

Notre voiture a rendu l’âme quelques jours plus tôt. Changement d’urgence. J’arrive au Podium à 16h30, chargé à ras bord et déjà soulagé d’être là, comme si arriver était en soi une première victoire. Ensuite, j’apprends que Romu, mon ingé son, ne peut pas venir : plusieurs collègues malades, une série de coïncidences malheureuses. C’est Brice, l’ingénieur du Circuit, qui reprend les bases enregistrées dans la table. Rapide, efficace, mais Brice n’a jamais entendu MUNE en concert. Céline est là. Pour chanter avec moi sur un morceau, et pour veiller sur le son. Elle connaît mon univers mieux que personne.

Et puis il y a ce que je dois accepter sans me mentir : Charlie Winston, c’est une énergie dansante, solaire. La salle est venue pour lui. Moi, j’arrive avec des silences, une voix aérienne et ma lune comme seule complice. Ce n’est pas la même proposition.

On mange tous ensemble avant le concert, même si je n’ai jamais très faim avant de jouer. Harold, le photographe officiel de la soirée, vient me saluer avant que je monte. Il m’explique qu’il écoute toujours les artistes avant de les photographier, et qu’il a beaucoup aimé mon univers, mes vidéos, ma musique. Ces quelques mots simples me font beaucoup de bien au bon moment.

20h30. Le technicien en bord de scène parle dans son talkie-walkie. La musique s’arrête, les lumières s’éteignent. C’est à moi.

J’arrive sur scène. Je retourne mon sablier, symbole discret du temps qui passe et qui compte. Au milieu de la foule, j’entends : On t’aime Maxime ! Je ris. Mes amis sont bien là. Je commence à enregistrer mes premières boucles de voix.

Dès le premier morceau, ça ne circule plus, je sens que les gens sont là, vraiment là. Au deuxième, Après l’orage, une femme dans les premiers rangs chante les paroles. C’est l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse me faire.

Plus loin dans le set, je joue Smells Like Teen Spirit au piano avant d’inviter Céline à me rejoindre. Il y a des gens dans la salle qui nous connaissent tous les deux à travers Abisko. Pour moi, c’est un moment où quelque chose se dépose. Les regards ne sont plus uniquement sur moi, l’équilibre change.

À la toute fin, je monte sur les subs devant la scène, micro à la main. Je pousse les derniers cris du Réveil animal, comme un loup qui hurle face à la pleine lune. Le sablier est vide.

MUNE en concert au Podium Les Pieux, première partie de Charlie Winston
MUNE et Céline Léger (Abisko) sur Raconte-moi lors du concert au Podium

Dans les coulisses, j’entends qu’on m’appelle. C’est Charlie Winston. Je vais le voir. Il me dit qu’il tenait à me féliciter pour ma voix et mon setup scénique qu’il trouve original et solide. Je le remercie bien fort et je lui glisse que je rêve d’intégrer Tôt ou Tard. Il sourit : lui-même n’a pas toujours le temps d’être entendu. Mais il en touchera deux mots à Vincent, le directeur, à l’occasion.

Ce soir, le sommeil mettra du temps à venir. Mais d’un côté, tout s’est passé comme il fallait. Je peux continuer de rêver en paix.

MUNE et Charlie Winston dans les loges après le concert